
Au commencement il y a la vie.
De l'inertie on passe au mouvement.
De l'isolement on passe à l'interaction.
De la froideur on passe à la chaleur.
Salut. Je m'appelle Laurent. J'ai 29 ans. Né dans le Nord de la France, j'ai la chance d'avoir grandi dans un pays libre et en paix, dans une famille unie et joyeuse. Depuis tout petit j'ai eu de nombreuses occasions de découvrir d'autres pays, d'autres cultures, et en particulier l'Espagne, ce qui me vaut de parler couramment espagnol. J'ai bien réussi mes études, et j'ai profité du programme ERASMUS pour passer cinq mois en Angleterre, ce qui me vaut de bien parler anglais. Je suis aujourd'hui chercheur en informatique, je réussis bien dans mon milieu professionnel, je fais partie de plusieurs associations, j'aime le sport, la lecture, les balades dans la nature, j'ai le contact facile, j'ai beaucoup d'amis, aucun ennemi direct, je suis heureux. Oui mais voilà...
Quand je décrivis nos fêtes d'anniversaire à mes auditeurs [aborigènes], ils m'écoutèrent avec attention. Je parlais du gâteau, des chansons et des cadeaux, de la bougie qu'on ajoute chaque année.
- Pourquoi faites-vous cela ? me demandèrent-ils. Pour nous, une célébration fête quelque chose de spécial. Qu'y a-t-il de spécial dans le fait de prendre de l'âge ? Cela n'exige aucun effort, cela arrive, voilà tout !
- Si avancer en âge n'est pas une occasion de fête, que célébrez-vous alors ?
- Le fait de devenir meilleur. Nous fêtons celui qui, par rapport à l'année précédente, est devenu meilleur, et plus sage. Comme chacun est seul à pouvoir juger de ses progrès, c'est lui qui dit aux autres que le moment est venu d'organiser la fête.
Salut. Je m'appelle Lo. J'ai 29 ans. Peu importe ma nationalité, je suis d'abord un homme de la planète Terre. Quand j'étais petit, je me suis demandé en quoi je pourrais bien être utile, alors qu'il me semblait que tout avait déjà été inventé, tout était maîtrisé par mes congénères. Malheureusement aujourd'hui je vois les problèmes et je ne sais pas où donner de la tête ! Quand je remets mon métier d'informaticien en perspectives avec ce que connaît l'humanité, j'ai l'impression de pédaler dans le vide, de travailler à l'amélioration d'un moteur sur une voiture qui a les roues crevées, de mettre de l'essence dans un moteur qui s'est emballé. Sur le plan personnel, je me suis éloigné de la technologie et des biens pour revenir à des choses plus essentielles, proches de la nature et des hommes. Il me faut vivre en fonction de mes principes. Je cherche donc une autre voie...
Le mouvement entraîne le choc.
Le choc peut faire mal mais il façonne.
Le choc fait dévier de sa trajectoire mais ouvre de nouvelles perspectives.
Le choc réveille ce qui est endormi.
Le mouvement c'est la vie. La vie est mouvement.
Mais il existe un mouvement stérile : tourner en rond.
Pour ceux, dont je fais partie, qui acceptent la théorie de l'évolution de Darwin, notre race est la conséquence de millions d'années d'évolution des espèces. Nous sommes des animaux sociaux. Notre force est basée sur la communication, l'organisation et la réflexion. C'est ce qui nous a permis de faire face aux aléas de notre environnement et à des animaux pourtant plus avantagés physiquement, de nous sédentariser, de gérer l'accroissement de notre population. Aujourd'hui, l'accumulation de nos connaissances est énorme. On maîtrise notre environnement...
Mais l'évolution est telle que le gain d'une aptitude se fait souvent au détriment d'une autre. Nous sommes aussi les seuls animaux capables de buter deux fois de suite sur la même pierre. Notre cerveau est si puissant que si nous ressentons qu'il faut fuir mais ne voyons pas le danger, nous nous contrôlons. Et c'est ce qui a coûté la vie aux hommes qui n'ont pas fui quand le tsunami a frappé les côtes thaïlandaises en 2004. M'est d'avis que l'étape suivante dans l'évolution de l'homme est d'apprendre à écouter davantage son cœur : élovution ?
L'interaction, c'est oser entrer en l'autre et laisser l'autre
entrer en soi.
On peut avoir peur de s'y perdre. En fait on s'y trouve.
L'isolement, s'il est momentané, peut permettre de se renforcer.
Mais sans interaction avec l'extérieur, il n'est qu'introspection stérile.
On se sent en sécurité quand on s'isole.
Mais il vaut mieux douter de rester en vie qu'être sûr d'être mort.
Pour ceux, dont je fais partie, qui croient en Dieu, il nous faut, ici sur Terre, chercher l'amour, la paix, la sagesse. Et pour les autres, c'est la même chose ! Ils l'expriment juste différemment. Que l'on pense être guidé par Dieu ou par notre conscience, dans les deux cas on cherche à vivre du mieux que l'on peut en fonction de ce que l'on est.
J'ai connu les deux situations. Je suis logique, scientifique. Comme beaucoup, j'ai voulu prouver l'existence, ou l'absence de Dieu. Comme tous, j'ai échoué. Il s'agit bien de Croire en Dieu, pas de savoir. Alors j'ai cru. Et maintenant je comprends. Il ne faut pas attendre d'aimer pour croire en l'amour. Il faut croire en l'amour pour aimer.
La science et la religion ne règnent pas sur le même domaine.
La première apprend, l'autre enseigne.
Le doute est le moteur de l'une, l'autre a la foi pour ciment.
Si je peux te donner un conseil à toi qui continue de chercher Dieu : ne lève pas les yeux au ciel pour le trouver, baisse les, Dieu est en toi. Et ne crois pas que Dieu se manifeste par des actes extraordinaires : il se manifeste à travers les autres.
Un homme qui se promène dans la nature est pris dans des sables mouvants. Croyant, il prie Dieu de lui venir en aide. Alors qu'il s'est enfoncé jusqu'aux chevilles, un homme passe par là.
- Vous avez besoin d'aide ?
- Ce n'est pas nécessaire merci, Dieu me viendra en aide !
Alors qu'il s'est enfoncé jusqu'à la ceinture, l'homme repasse et lui repose la question :
- Vous n'avez toujours pas besoin d'aide ?
- Ce n'est pas nécessaire merci, Dieu me viendra en aide !
Lorsqu'il n'a plus que la tête hors du sable, l'homme passe une troisième fois :
- Vous êtes sûr de ne pas avoir besoin d'aide ?
- Ce n'est pas nécessaire merci, Dieu me viendra en aide !
Alors il s'enfonce complètement et lorsqu'il arrive au paradis, il dit au Seigneur :
- Je suis déçu, je pensais vraiment que tu me viendrais en aide !
Et Dieu lui répond :
- Je t'ai envoyé trois fois quelqu'un, je ne vois pas ce que je peux faire de plus !
Quant à toi qui a Dieu en horreur parce qu'il voit où mènent les croyances, je tiens à dire une chose : ne mélange pas Dieu et les religions. Ces dernières sont exposées aux défauts des hommes, et je suis d'accord avec toi : les hommes qui les détournent de leur sens premier font beaucoup de mal. Pour ma part, j'ai choisi de n'adhérer à aucune religion en particulier, mais je prends le meilleur de chacune. Et ce choix ne m'empêche pas de penser que les religions ont un rôle positif. Elles donnent un cadre à ceux qui veulent se réunir pour donner ensemble un sens à leur vie. Et sans elles, es-tu sûr que l'on raconterait encore aujourd'hui l'histoire de Jésus, cet homme dont il est si intéressant de s'inspirer ?
Accepter le mystère c'est écarter l'ignorance,
c'est connaître la connaissance et sa limite exacte.
Des chrétiens je prends par exemple la réflexion régulière sur les enseignements de Jésus, et la tolérance. Des musulmans je prends le ramadan, que j'ai fait l'année dernière et qui m'a appris beaucoup, et le partage. Des juifs je prends l'attention régulière à ne pas s'éloigner de valeurs fondamentales, en particulier à travers le shabbat. Des témoins de Jéhovah je prends l'envie d'aider l'autre à s'enrichir au contact de l'enseignement de Jésus. Des athées je prends l'attention à réfléchir par soi-même sans suivre des dogmes qui ne leur parlent pas.
Quelles que soient nos croyances, nous avons plus de points communs que de points de désaccords. Nous cherchons tous à atteindre le meilleur de nous-mêmes, au contact des autres, et c'est ça l'important. Et si tu n'es pas de ceux-là, méfie-toi : tu es en train de te perdre ! Que tu en sois conscient ou pas, nous faisons tous partie d'une grande famille, et sans notre frère nous ne sommes rien. Nous avons tous besoin de chaleur humaine.
La chaleur est signe de vie.
En se mettant en mouvement on réchauffe le corps.
En se tournant vers l'autre on réchauffe le cœur.
Une flamme nous habite qu'il faut entretenir.
Mais encore faut-il prendre garde à ne pas se brûler.
La race des hommes s'est démarquée des autres en apprenant à maîtriser le feu. Dans un premier temps, le feu utilisé à l'état brut a permis à l'homme de lutter contre le froid et de faire fuir ses assaillants. Mais le feu a bien d'autres pouvoirs. Il fascine. Il façonne. Et l'homme est devenu savant. Il a utilisé le feu pour travailler la matière.
Aujourd'hui le feu est partout. Mais il est tellement maîtrisé que nous ne le voyons plus vraiment. Réalises-tu, quand tu allumes un interrupteur, que quelque part du charbon brûle pour te fournir la lumière ? Es-tu conscient de la quantité de combustibles qui ont été utilisés pour créer tous ces objets qui t'entourent ?
Mais on sait maintenant les limites de cet état de fait : c'est le problème du réchauffement climatique. Si chaque objet qui nous entoure, nous l'avions fabriqué nous-mêmes dans notre maison, nous aurions remarqué que la maison se remplissait trop de fumée. Là non seulement l'usine se trouve loin de chez nous, mais en plus elle rejette la fumée haut dans le ciel.
Mais l'homme est intelligent. Il réfléchit. Il analyse. Il sait. Alors pourquoi le problème persiste-t-il ? Si la télévision prenait feu au milieu d'un film, qui resterait pour ne pas rater la fin ? Qui attendrait sans bouger que les pompiers arrivent ? Qui commencerait à réagir avant que la fumée n'envahisse la pièce ? Qui irait chercher un masque à gaz pour respirer ? Et qui se dirait qu'il vaut mieux arrêter la télé et lire un livre ?
Parce que c'est à peu près là que nous en sommes. Face au problème du réchauffement climatique, nombre de personnes refusent de changer leur mode de vie : ils veulent la fin du film. Nombre de personnes pensent que c'est aux dirigeants de régler le problème : les pompiers. Nombre de personnes commenceront à réagir lorsque les problèmes seront à leur porte : la maison remplie de fumée. Nombre de personnes pensent que c'est la technologie qui règlera le problème : les masques à gaz. Mais y a-t-il assez de gens prêts à s'adapter simplement : éteindre la télé, et peut-être trouver la joie de lire ?
Un étranger se trouve sur le quai d'un petit village de bord de mer quand un pêcheur sur un petit bateau accoste. Il a au fond de son bateau plusieurs superbes poissons. L'étranger le complimente pour la qualité de sa prise et demande s'il a fallu longtemps pour les pêcher.
" Un peu de temps seulement " répond le pêcheur.
L'étranger demande alors pourquoi il n'est pas resté plus longtemps pour ramener plus de poissons.
Le pêcheur répond qu'il en a assez pour nourrir sa famille.
L'étranger questionne à nouveau : " Que faites-vous le reste du temps ? "
Le pêcheur répond : " Je dors tard, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme, je flâne dans le village tous les soirs où je sirote du vin et joue de la guitare avec mes amis. J'ai une vie bien remplie, Monsieur ! "
L'étranger rétorque d'un air moqueur : " Vous devriez passer davantage de temps en mer afin de ramener de nombreux poissons et acheter un plus grand bateau avec le gain de la pêche. Ce bateau permettra d'augmenter encore le produit de la pêche et d'acheter plusieurs bateaux. Finalement, vous pourriez avoir une flotte de bateaux de pêche. Au lieu de vendre vos prises à un intermédiaire, vous pourriez les vendre directement au transformateur et, pour finir, ouvrir votre propre conserverie. Vous auriez le contrôle de tout le circuit, de la production à la distribution. Vous pourriez quitter ce petit village et vous installer dans une grande ville, où vous dirigeriez l'expansion de votre entreprise. "
Le pêcheur demande : " Mais Monsieur, combien de temps cela prendra-t-il ? "
" De quinze à vingt ans seulement " répond l'étranger.
" Et ensuite, Monsieur ? "
L'étranger se met à rire. " C'est la partie la plus intéressante. Quand le moment sera venu, vous annoncerez une offre publique, vendrez vos actions et deviendrez très riche. Vous pourrez facilement faire des dizaines de millions ! "
" Des dizaines de millions, Monsieur ? Et alors ? "
" Et alors ! " dit l'étranger " Alors, vous prendrez votre retraite. Vous vous installerez dans un petit village de pêcheurs où vous pourrez faire la grasse matinée, pêcher un peu, jouer avec vos enfants, faire la sieste avec votre femme, flâner dans le village le soir en sirotant du vin et en jouant de la guitare avec vos amis. "
Je me suis mis en mouvement sur ce sujet du réchauffement climatique. Je me suis d'abord renseigné. Ayant du mal à trouver les informations sur comment agir à mon niveau, j'ai créé un site Internet sur le sujet. Puis j'ai rejoint quelques associations écologistes. Et j'ai commencé à agir au quotidien. J'ai changé mes ampoules à incandescence par des ampoules basse consommation : facile. J'ai pris l'habitude d'éteindre les lumières inutiles : ça devient vite naturel. J'ai mis mes appareils électriques sur multiprises boutons : facile. J'ai diminué un peu mon chauffage : quitte à mettre un pull. J'ai réhabilité mon vélo : c'est sympa. J'ai opté pour les transports en commun : on peut y lire ou dormir. J'ai réduit ma vitesse en voiture : on est rarement à cinq minutes prêt. Je prends un sac à dos ou deux avec moi pour faire mes courses : c'est plus pratique que plein de sacs en plastique. J'achète mes aliments en bio : c'est meilleur.
Et ça m'a fait évoluer. Ça m'a appris à réfléchir sur l'impact de mes actes au quotidien. Ça m'a appris à ralentir le rythme. J'ai retrouvé le goût de la marche et du vélo. Même en voiture, c'est quand même plus sympa de regarder le paysage que d'avoir le nez braqué sur le bitume pour arriver cinq ou dix minutes plus tôt quelque part. Cet hiver j'ai très peu chauffé chez moi. J'étais déjà peu frileux, je le suis encore moins aujourd'hui. J'ai découvert le plaisir d'aliments qui ont plus de goût. De manière générale, je me suis rapproché du naturel, et c'est tellement agréable !
L'homme a du génie. Mais il n'a pas de retenu. L'homme invente un bien. Et il l'utilise mal. La voiture est une belle invention, mais son utilisation à outrance génère la pollution, détruit les paysages, nous force à en avoir sous peine d'être isolé, nous éloigne de la joie de la marche. Le lait maternisé est une belle invention pour les mères qui ne peuvent allaiter, mais en banalisant son utilisation, on réduit les défenses d'enfants qui auraient pu être allaités par leur mère, certaines forcées pour conserver leur travail. Einstein avait-il vraiment conscience des dangers que le nucléaire ferait peser sur les hommes ?
L'homme est un savant fou. Il lui faut donc des garde-fous. Il lui faut s'organiser. Oui mais voilà : les proportions sont devenues tellement énormes ! Rejeter du dioxyde de carbone dans l'air ne serait pas un problème si nous n'étions des milliards à le faire. Et maintenant comment toucher tout le monde pour mener ce combat ? Rejeter quelques produits chimiques dans l'eau aurait un faible impact s'il ne s'agissait pas de rejets massifs d'industries de haute production. Ces mêmes industries qui licencient à tout-va parce qu'une concurrence mondiale acharnée s'est lancée. Et maintenant comment les arrêter quand plus aucun gouvernement ne les contrôle ? Et les villes : elles ont tellement grossies !
Lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente,
il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps
aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.
Je vois un village où tout le monde se connaît. J'y entre et les gens que je croise me saluent. Une vieille dame, assise sur sa chaise au pas de sa porte, discute avec un passant. Dans un parc, des jeunes mamans se sont réunies et discutent tout en surveillant leurs enfants qui jouent. Sur la place du village, un débat oppose ceux qui veulent organiser une fête pour la pleine lune, et ceux qui préfèrent une veillée. Dans les champs, quelques hommes et femmes se font servir un petit remontant par une grand-mère, offrant ainsi une pause avant de reprendre le travail. Un commerçant poursuit un gamin qui lui a piqué une pomme sur son étalage. Mais celui-ci tombe nez à nez avec un adulte, qui le reconnaît, le gronde, reprend la pomme et la rend au commerçant, qui la donne au gamin.
Je vois une ville où personne ne se connaît. J'y entre et les gens osent à peine me regarder. Une vieille dame, assise dans le fauteuil de son salon, s'est endormie devant la télévision. Une jeune maman, qui se sent seule chez elle, remplit des formulaires pour monter une association de rencontres entre jeunes mères. Dans le centre ville, les gens se croisent à toute allure entre deux courses, tandis que le maire refuse de signer l'autorisation d'organiser une fête le soir de la pleine lune. Dans les champs, un homme seul dans son tracteur répand des insecticides. Un commerçant se plaint de s'être fait voler par un sale gamin. Au loin, on entend une sirène de police retentir.
La pause, elle aussi, fait partie de la musique.
À chaque fois que vous vous retrouvez du côté de la majorité,
il est temps de faire une pause et de réfléchir.
On est bien quand notre environnement est bien. Famille, amis, faune, flore, ciel, vent, mer, rivière. On va bien si ces éléments qui nous entourent vont bien. Il me semble donc évident qu'il faut aider son frère, et faire attention à la terre.
Si tu es capable de tendre la main à ton frère, tu es capable de la même façon de tendre la main à n'importe qui d'autre. Et pourquoi pas la tendre à cet homme assis par terre sur un carton ? Sourire, attention, aide réchauffent le cœur de tous, non ?
The more we care for the happiness of others, the greater is our own sense of well-being.
Si tu comprends que tu fais partie d'un tout harmonieux mais fragile, tu dois aussi comprendre que tes actes ont un impact. Puisque les climatiseurs polluent affreusement l'air et réduisent nos défenses thermiques naturelles, il semble évident qu'il faut les utiliser avec beaucoup de précautions, non ?
Il faut que tu respires, et ça c'est rien de le dire.
Trois hommes, même très forts, perdront toujours face à vingt, trente ou quarante hommes décidés à les arrêter. Évident non ? Alors comment est-ce possible que des gens puissent se faire agresser dans une rue bondée sans que personne ne réagisse ? Comment une bande de quelques jeunes peut-elle terroriser tout un train sans qu'aucun passager ne se rende compte qu'ils ont l'avantage du nombre ? Pourquoi un petit groupe d'hommes puissants peut-il diriger le monde à l'encontre des attentes du reste ?
Chaque jour, nous apprenons des journaux quantités d'informations qui nous choquent. Mais faces aux proportions, nous nous sentons impuissants. Nous nous habituons à accepter l'inacceptable. Mais si nous ne pouvons pas lutter contre toutes les injustices, ne devrions nous pas choisir au moins un cheval de bataille ?Au purgatoire, tu te retrouves avec dix méchants et cent gentils. On vous explique que vous irez tous au même endroit, le paradis ou l'enfer. Que chacun pousse un cri, et si la somme de tous ces cris est bonne, ce sera le paradis, si c'est mauvais ce sera l'enfer. Au top, les dix méchants démarrent et les gentils se regardent. Quelques gentils commencent à pousser la chansonnette quand le verdict tombe : ce sera l'enfer !
La seule chose qui permet au mal de triompher est l'inaction des hommes de bien.
Le monde est dangereux à vivre !
Non pas tant à cause de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.
Je ne veux pas voir comme une fatalité le sort de l'humanité qui irait droit dans le mur. Je ne dois pas critiquer le système en me complaisant dans mes privilèges. Ça ne me convient pas de travailler sans que j'y trouve du sens. Je ne compte pas accepter les injustices sans bouger. Ça me dérange de nous sentir trop éloigné du naturel. Je ne veux pas devenir aigri. Alors j'ai choisi de réagir.
Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.
Je prône plus de contact entre les hommes. Je prône un rapprochement d'avec la nature. Je prône le ralentissement de notre rythme de vie. Je prône un retour à l'essentiel. On peut parler. On peut réfléchir. Il faut même ! Mais il y a un moment où il s'agit d'agir. J'ai donc décidé d'appliquer ces principes, de me confronter à moi-même, à mes idées, aux autres, à la nature.
Il ne faut jamais douter de la capacité d'un petit groupe de citoyens
déterminés à changer le monde.
C'est d'ailleurs la seule chose qui ait jamais donné des résultats.
Entre le plaisir et le bonheur je choisis le bonheur.
Entre le confort et le bien-être je choisis le bien-être.
Entre aujourd'hui et demain je choisis aujourd'hui.
Entre l'avoir et l'être je choisis l'être.
Il y a une grande différence entre le plaisir et le bonheur. L'un ne dure qu'un instant, l'autre dure. Ce qui les oppose, c'est qu'il faut savoir refuser l'un pour avoir l'autre. Cette cigarette me fait plaisir, mais je me sentirais bien si je ne fumais plus. J'aimerais bien m'activer un peu plus, mais ça me fait plaisir de m'affaler devant la télé. Le bonheur demande du temps pour se construire, mais il est tellement simple de répondre aux appels des petits plaisirs immédiats qui nous sont proposés en continu.
Et c'est bien là que réside toute la perfidie de " notre système " : la société de consommation multiplie l'accès à ces artefacts de bonheur, qui sont autant de brouillards potentiels sur notre chemin ! Dans les pays riches, nous sommes aujourd'hui capables d'obtenir à peu près tout ce que nous désirons. Il nous faut maintenant apprendre à arrêter de désirer toujours plus.
Car ne nous y trompons pas. Le système a des côtés pervers dont il faut être conscient pour voir au delà. Certes. Mais ce qui fait avant tout un système, ce sont les individus qui le composent. Vaut-il mieux une dictature avec à sa tête un homme éclairé et bon, qui écoute son peuple quand il gronde, ou bien une démocratie dirigée par un beau parleur opportuniste, envoyant la police à la moindre révolte ? Et vaut-il mieux un système communiste avec des citoyens égoïstes, ou un système libéral avec des individus qui se tournent les uns vers les autres ?
Je me suis éloigné de la télé et ça fait du bien. Éloigné des biens matériels, je me sens plus moi. On vit bien avec des choses simples.
Dans la rue, une jeune demoiselle m'interpelle pour me parler d'action humanitaire. Elle fait partie d'une association militante qui cherche des adhérents. La discussion que nous engageons m'intéresse beaucoup mais je m'excuse : il est tard et je dois aller travailler.
Dans le métro, une dame fait la manche. Je lui souris, la salue, lui donne de l'argent et me mets à discuter avec elle. Elle semble touchée de l'attention que je lui porte. J'aimerais discuter plus longuement avec elle mais je m'excuse : il est tard et ma grand-mère m'attend.
Les plans que nous faisons, les engagements que nous prenons, peuvent nous empêcher de simplement vivre le moment présent. Dommage. J'aurais aimé prolonger ces moments que je viens de décrire, et d'autres.
La capacité de l'homme à anticiper est une force. La définition d'une mesure du temps est très utile dans notre organisation. Mais comme pour tout, il faut faire attention à ce que cette capacité et cet outil soient utilisés à bon escient. Or j'ai l'impression que nous vivons parfois trop dans l'avenir pour profiter vraiment de l'instant présent. Je pense que nos horaires nous contraignent parfois plus qu'ils ne nous aident.
Personnellement j'apprécie d'autant plus un moment sympathique qu'il a été improvisé. Je me laisse de plus en plus guider par cette philosophie et je trouve ça très agréable. Et j'ai envie de poursuivre dans cette voie, non pas seulement pendant mes temps libres ou mes vacances, mais chaque jour, du matin jusqu'au soir.
Joël de Rosnay : Les particules, les atomes, les molécules, les macromolécules, les cellules, les premiers organismes faits de plusieurs cellules, les populations faites de plusieurs organismes, les écosystèmes faits de populations, et puis l'homme qui, aujourd'hui, extériorise sa biologie... L'évolution continue, bien sûr. Mais maintenant, elle est surtout technique et sociale. La culture prend le relais.
Dominique Simonnet : Nous serions donc à un tournant de l'histoire, une rupture comparable à l'apparition de la vie.
Joël de Rosnay : Oui. Après la phase cosmique, chimique, biologique, nous inaugurons le quatrième acte, que jouera l'humanité dans le prochain millénaire. Nous accédons à une conscience de nous-mêmes qui devient collective.
La vie a toujours avancé par l'association. Si l'homme a compris ça, il ne semble pas avoir vraiment compris qu'une association ne peut être que consentie. En forçant l'association entre certains atomes, on obtient une molécule instable. Si on force deux personnes à s'associer, elles resteront sur la défensive. On n'impose pas la démocratie. Seul un peuple prêt à s'associer peut l'instaurer. Sinon c'est la guerre civile. Regarde l'Irak.
S'il ne faut pas se dissocier les uns des autres, il ne faut pas non plus se dissocier de la nature. Nous voyons les effets de cette erreur dans notre environnement : pollution et son lot de maladies, dérèglements climatiques, perte de la biodiversité. Mais je pense que nombre d'autres problèmes sont aussi issus de cet éloignement d'avec la nature. On s'éloigne de notre équilibre naturel, et qu'on s'en rende compte ou pas, ça nous touche.
Dès lors, la dépression gagne du terrain, et quand on ne règle pas le problème à coup d'antidépresseurs, on cherche les raisons de la déprime dans les évènements passés, mais sans oser toucher au mode de vie. Pourtant, tu ne trouves pas étonnant que des gens puissent se sentir seuls, isolés dans des grandes villes ?
La vie est question d'équilibre. Et l'équilibre est fragile. Nombre de problèmes ne viennent que des proportions. La graisse n'est pas mauvaise pour le corps si elle n'est consommée en grande quantité. Internet est une bonne chose si on n'y passe pas toutes ses journées en devenant asocial. La culture agricole ne détruit pas la biodiversité si elle ne s'étend à perte de vue. Et il en va de même pour tout.
Mais si le nombre est source de problème, il est aussi la source de la solution. Nombreux, les compromis sont plus difficiles à trouver, mais deux têtes valent mieux qu'une. Nombreux, notre part de ressources naturelles disponible diminue, mais on peut mettre nos ressources en commun. Nombreux, nous avons trop pollué, mais si chacun y met du sien, on peut rapidement réduire notre impact commun.
Il faut trouver sa voie, comprendre qui l'on est, connaître son don. Moi je le crois : nous avons tous un don. Nous avons tous notre part à apporter. Et le meilleur de ce que l'on a à apporter est fonction de ce que l'on est, et non pas fonction de ce dont la société a besoin. Je veux dire par là qu'il ne faut pas regarder quels sont les emplois vacants pour décider de son métier, mais comprendre ce que l'on fait le mieux pour le transformer en son métier.
Pour trouver il faut chercher. Et en tant que chercheur je l'ai expérimenté : pour trouver il faut persévérer. On passe régulièrement par des phases où l'on stagne. Si on insiste avec ténacité, on finit par trouver comment continuer à avancer. La recherche de soi, en particulier, ne s'arrête jamais. Il faut donc faire spécialement attention à ne jamais baisser les bras.
Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment,
beaucoup plus que nos aptitudes.
Il existe deux types d'obstacles qui peuvent nous éloigner de nous-mêmes : les autres et les biens. Les autres peuvent, consciemment ou inconsciemment, nous détourner en défendant que leur vision est la bonne. On peut aussi être tenté de suivre cette loi communément admise comme quoi il faudrait être " normal ", comme les autres. Les biens, eux, peuvent nous détourner en nous aveuglant. Il faut arrêter la fuite en avant vers plus de biens, pour une recherche de plus de bien.
Mais dans les deux cas le dénominateur commun c'est bien toi. Tu es le seul vrai acteur de ta vie. C'est toi qui fais tes choix. Et ne pense pas que tu n'as aucun contrôle sur ce qui se passe dans le monde. Certes certains ont plus de pouvoirs que d'autres. Mais ça n'empêche que nous avons tous notre part de responsabilité. Nous avons tous un rôle à jouer. Nous sommes tous les maillons d'une chaîne.
Le monde n'avance que grâce à ceux qui s'y opposent.
Nous sommes Dieu. Non pas chacun individuellement, mais nous tous ensemble. Dieu c'est nous tous réunis. Dans ce cas, les prophètes sont donc des hommes qui ont été particulièrement attentifs à leur prochain.
Prends une termitière. Chaque termite joue un rôle basique. Si elle rencontre un bout de bois, elle le ramasse, à moins qu'elle en ait déjà un, alors elle le dépose. Si ce comportement ne semble pas constructif au niveau de l'individu, il s'avère efficace au niveau du groupe, car à force, un gros tas de bois finit par se former.
À notre niveau humain ça fonctionne de la même manière. Si une action nous semble avoir un faible impact à notre échelle, elle peut s'avérer tout à fait efficace si elle est menée par beaucoup d'autres.
Ce qui se passe dans le monde est le reflet de ce qui se passe en chacun d'entre nous.
Le paradis sur terre est donc possible si chacun y met du sien, car si tu t'améliores, tu améliores le monde.
Comprends-moi bien :
Stop the train I'm leaving.
It won't be too long whether I'm right or wrong.
L'amour est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute,
la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité.
Que va lento va sano. Qui va lentement va sûrement. Plus vite on brûle son énergie plus vite on s'éteint. C'est vrai pour les étoiles, les planètes, les véhicules, les hommes. Or on n'a qu'une seule planète. Et la vie est faite pour être vécue. Je pense qu'il serait donc sain de ralentir notre rythme effréné.
En tout cas moi j'ai fait ce choix à mon niveau. J'ai arrêté de gaspiller l'énergie produite par les hommes, pour un confort qui me semble surfait. J'arrête maintenant de gaspiller l'énergie produite par l'homme que je suis, pour alimenter un système qui me semble surfait. Je suis à la recherche de sens. Je pense qu'il se trouve dans les choses simples de la vie. Je vais donc vers l'essentiel. Je vais me concentrer sur mon être en laissant derrière moi l'avoir. Je vais me concentrer sur le présent en laissant devant moi l'avenir. Je vais chercher mon équilibre, non pas sur place, mais en mouvement.
Le mouvement entraîne la rencontre. Deux chemins se croisent.
Soit on s'évite et on continue sa route.
Soit on se choque et on change de direction.
Soit on s'unit et on avance ensemble.
Chacun peut apporter une part de lui à l'autre. Les deux repartent alors différents.
La vie moderne est ainsi organisée que vers 18 ans, on choisit un cap, qui va souvent déterminer le reste de notre vie. Sur un goût du moment, ou une facilité dans un certain domaine, ou une opportunité quelconque, on se lance dans une certaine voie professionnelle. Quelques années après, plus mûr, on commence à apercevoir ce qui nous correspond mieux. Et c'est là qu'apparemment, souvent, on se rend compte de la difficulté de changer de direction.
Nous devons nous y habituer :
aux plus importantes croisées des chemins de notre vie,
il n'y a pas de signalisation.
Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas prendre le tournant. Comme toujours c'est une question de choix. En ce qui me concerne, le virage semble faire un angle à 90 degrés. Et pourtant il y a une certaine continuité...
Une phrase me trotte dans la tête, et me motive : ne rêve pas ta vie, vis tes rêves. Elle me parait aujourd'hui une évidence : qu'y a-t-il d'autre à faire dans sa vie que de suivre ses rêves ? Que me reste-t-il si je les abandonne ? La sécurité, peut-être. Mais les verrous que nous mettons sur nos portes ne nous enferment-ils pas plus qu'ils ne nous protègent ?
Dans mon rêve, je me ballade au gré du vent. Chaque jour révèle son lot de découvertes. Les gens sont ouverts. Chaque rencontre est source d'enrichissement. Les épreuves me rendent plus fort. Je multiplie les activités à droite à gauche. Je me rends utile de ci de là. Je suis accueilli par ci par là.
Dans mon rêve, tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil me diras-tu. Pourtant je ne suis pas dupe de la réalité. Mais si à l'inverse, dans ton rêve tout le monde il est méchant et tu te caches dans ta maison blindée, alors qui de nous deux s'éloigne le plus de la réalité ? Par défaut je fais confiance aux gens. Si je tombe sur un arnaqueur, je me ferai donc plus facilement avoir que celui qui par défaut se méfie. Mais contrairement à lui, je vivrai pleinement ma relation avec les gens de bien, qui sont majoritaires je pense.
La graine contient tout un arbre en un point,
trois fois tout en un point puisqu'elle contient deux arbres unis et celui en devenir.
Où les tient-elle, où les cache-t-elle, si petite ?
L'amour est grandeur contenue en un point.
Que l'on croit en Dieu ou pas, que l'on soit chrétien ou pas, je pense que nous sommes à peu près tous d'accord sur la grandeur de Jésus. Il est l'image de l'amour, de la bonté, la sagesse, la liberté, la paix. Son exemple inspire de nombreuses personnes. Je fais partie de celles-là. J'ai choisi de suivre ses conseils, et d'être libre, aussi pleinement que possible.
La liberté n'est liberté que si elle se crée elle-même.
Il y a un côté virtuel à la vie que nous menons. Le jour on donne de nous dans notre travail, mais on n'en voit pas forcément la finalité. Le soir on s'évade devant la télé, les jeux vidéo ou l'ordinateur, mais ça ne nous fait pas avancer. Le week-end on fait ses courses, mais les objets ne remplissent pas nos vies. En vacances on va à l'autre bout du monde en pensant enfin vivre, mais notre vie n'est pas au loin, elle est en nous.
Mais il y a aussi un côté bien réel à la vie. Ce sont les discussions entre amis. Ce sont les repas partagés en famille. Ce sont les rencontres au cours d'une fête. C'est un regard intense. C'est une larme de joie. Ce sont des bras qui s'ouvrent pour consoler. C'est une main qui se tend pour aider. C'est un coucher de soleil. C'est une grimpette dans un arbre. Ce sont des choses simples, humaines, naturelles.
Pour faire la part des choses, il est bon de s'en détacher. Aller voir ailleurs permet d'ouvrir de nouveaux horizons, de mieux comprendre l'essentiel. Je pense m'en être déjà approché. Je crois que la route qui s'ouvre à moi va l'élargir encore davantage.
Je ne trouve plus assez de sens dans mon travail. Je vais voir ailleurs si j'y suis. Je me trouve trop éloigné de la nature. Je vais m'en approcher. Je ne veux pas passer mon temps à préparer le lendemain. Je vais vivre le moment présent. Je prône plus de contact entre les hommes. Je vais à leur rencontre. Je pars en voyage. Je trace la route. Et j'espère bien m'en enrichir, et en profiter pour trouver ma place. Ma Fami va me manquer. Mais ils seront toujours là, en moi.
Dans un tel voyage, je pense qu'on apprend à mieux se connaître, à mieux appréhender le monde et les autres. On découvre plein de choses et ça ouvre l'esprit. Chaque contact est source potentielle d'enrichissement mutuel. Je peux tomber sur des gens qui ont besoin d'être aidés, ou des gens qui seront contents de m'aider. En multipliant les rencontres, j'essaierai de comprendre quel est l'important pour les gens, ce qui manque le plus, pour m'approcher de ce que l'homme a besoin de plus essentiel.
J'expérimenterai la vie au jour le jour, proche de la nature et proche des autres. Je mettrai un sens à chaque journée en fonction des circonstances. Après tout, on est bien passé de la vie de nomade à celle de sédentaire. Pourquoi pas tenter l'inverse ? On ne connaît vraiment que ce que l'on a vécu.
Le chemin se construit en marchant.
Qu'importe l'issue du chemin quand seul compte le chemin parcouru.
Je vais donc partir du Nord début mai 2008, je vais descendre la France par sa côté Ouest, traverser par Toulouse, descendre l'Espagne par sa côte Est, passer au Maroc par le détroit de Gibraltar, longer la Méditerranée par l'Algérie et la Tunisie, remonter vers la Sicile en bateau, faire le bas de la botte italienne, passer en Grèce, puis en Turquie, à Chypre, et finalement Israël, où je rejoindrai Jérusalem. Je ne prévois pas une route beaucoup plus précise que ça. Car c'est dans la philosophie de cette aventure : je veux me laisser porter par le vent, et me laisser guider par les gens que je rencontrerai.

Je ferai tout ça à pied ou en stop, éventuellement en transport en commun. Ce rythme permet de prendre le temps de rencontrer les gens, et d'évoluer doucement. Je fais mes premières dents dans mon pays, où je connais la langue, les coutumes, et où l'accès à l'eau n'est pas un problème. Je poursuis par l'Espagne, que je connais bien aussi, mais ce n'est jamais tout à fait pareil quand on ne parle pas sa langue maternelle. Ensuite la culture change beaucoup plus mais le français revient. Puis retour en Europe, mais dans des langues que je ne maîtrise pas. Puis je m'éloigne de plus en plus de ce que je connais, mais je maîtriserai alors la vie de baroudeur. Et enfin je m'enfoncerai dans les terres vers une culture complètement inédite pour moi.
Pourquoi choisir cette route ? Ce côté progressif est un élément. Le fait de rester proche de la mer me plait aussi beaucoup. J'adore me baigner. Et ça me garantit un climat assez doux et un certain accès à l'eau. Il faut éviter de pousser trop vite trop loin ses limites. Les cultures méditerranéennes ont une longue histoire. Les paysages seront riches. Quant à Jérusalem, c'est une ville qui concentre énormément de sens. Centre névralgique des problèmes du monde actuel, c'est aussi un berceau de la vie, là où Jésus a lancé un mouvement, où il a milité pour l'union entre les hommes, là où il a réchauffé le cœur des hommes.
Sur cette route, je vais prendre la température du monde. Je vais observer l'ouverture des gens, leur accueil, leur situation, leur pensée, leur différence. Tiens d'ailleurs, toi, lecteur, si je viens frapper à ta porte en te demandant si tu peux m'offrir gîte et couvert pour la nuit, acceptes-tu ? Pourquoi te méfies-tu ? Il parait qu'on est mieux accueilli chez les gens qui ont peu de moyens. Est-ce que ce sont tes biens que tu défends ? Ne trouves-tu pas l'humain plus important ? Et tu ne penses pas que ça pourrait être enrichissant de passer un moment ensemble, d'échanger ? Enfin, je dis ça, mais je me méfie des " on dit ". Alors je verrai bien sur ma route.
Qu'importe chemin douloureux à qui trouve logis accueillant.
Je vais chercher et donner l'amour. Chercher et donner l'espoir. Chercher et donner la paix. Chercher et donner la vie. Tout ça, je pense que c'est dans l'échange que ça se trouve.
Lorsque je te parle d'un tel voyage, y vois-tu d'abord le potentiel d'enrichissement, ou bien penses-tu d'abord aux possibles dangers ? Il ne faut pas vivre dans la peur. La peur nous pousse à nous enfermer. S'ouvrir au monde comporte des risques. Mais s'enfermer est pire. On n'avance pas dans la vie à reculons. Et on trébuche plus facilement quand on n'avance pas d'un pas décidé.
Fear can stop you loving.
Love can stop your fear.
Je pars donc sur la route avec un sac à dos, aussi complet et léger que possible. Mais avant tout, je pars sur ma route avec ce que je suis. J'ai bien conscience que ce qui est matériel peut disparaître à tout moment. Le plus important est en moi, et en toi. C'est ma motivation, c'est ton soutien, c'est mon ouverture, c'est ton accueil.
Une conscience concrète, réelle, vivante, ne part jamais des origines
mais elle y remonte à partir de ce qu'elle vit concrètement dans le présent.
Et au commencement, il y a la vie...
